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SIM Agricole, vecteur du developpement de l'économie nigerienne

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Crise sécuritaire et marchés agricoles : Impact de la fermeture des frontières avec le Nigeria sur les marchés du Niger


Au Niger comme partout ailleurs, les marchés agricoles jouent un rôle prépondérant dans la sécurité alimentaire des ménages et la redistribution des surplus de production.
Les ménages aussi bien ruraux qu’urbains font recours aux marchés soit pour leur consommation ou pour vendre les excédents de leurs productions de base ou les cultures de rente pour satisfaire d’autres besoins sociaux et financiers.
Au Niger, le Système d’Information sur les Marchés Agricoles (SIMA) suit hebdomadairement les marchés pour fournir aux décideurs, aux partenaires au développement, aux acteurs du marché (producteurs, consommateurs, commerçants etc.), des informations pour une meilleure prise de décision. Parmi les marchés suivis, il y’a des marchés transfrontaliers (8 au Nigéria, 1 au Bénin et 1 au Burkina Faso) afin de mieux comprendre le fonctionnement des marchés au Niger.
Les crises sécuritaires dans notre espace sont aussi sans conséquence sur le comportement de nos marchés et la situation alimentaire de nos populations. Elles affectent beaucoup les marchés pairs (situés au tour des frontières), car les marchés d’approvisionnement sont généralement vides de peur de représailles des bandits armés ou de la secte sanguinaire « Boko Haram ». Ce qui implique une très faible animation sur les marchés du pays.
Pour des raisons d’intégrité du pays et de sécurisation et contrôle des produits entrants dans leur pays, les autorités du Nigeria ont décidé en août passé de la fermeture de leur frontière avec d’autres pays voisins. Cette mesure n’est pas restée sans conséquence sur le commerce agricole au Niger. Elle a fortement impacté les marchés intérieurs et plus précisément les flux sortants des produits agricoles et le bétail ainsi que les flux entrants des produits manufacturés.
Les produits les plus affectés par cette mesure sont le bétail, le niébé, le souchet, le sésame et l’arachide (pour l’exportation) et le maïs1 (pour l’importation). Elle a limité le volume des exportations des produits de rente vers le Nigeria et cela a contraint les commerçants à vendre souvent même à perte aux demandeurs surplace. Pour le maïs, habituellement une bonne partie des régions frontalières (Maradi, Zinder, Diffa et Tahoua) provient du Nigeria, avec la fermeture, on assiste à un changement atypique de sources d’approvisionnement. Le maïs du Bénin et du Burkina Faso commence à être fortement présenté sur les marchés.
Si cette situation se maintient, la disponibilité du mil et du sorgho risque de poser un énorme problème car même en année de bonne production, la production nationale ne couvre pas les besoins internes durant toute l’année. Pour le maïs, on risquerait d’assister à une hausse importante du prix consécutivement à l’augmentation des coûts de transport du fait de l’allongement des circuits de distribution ou à un changement d’habitude alimentaire. Edition Spéciale à télécharger ici